Cibles d’immigration 2026-2028 au Canada : ce qui change vraiment pour votre projet d’expatriation
Le nouveau plan des niveaux d’immigration vient d’être publié. Comme chaque année, ce document officiel précise les cibles d’admissions pour les résidents temporaires et permanents, ainsi que les orientations stratégiques du gouvernement.
Si vous préparez un projet d’expatriation au Canada, il est essentiel de comprendre ce que ces chiffres signifient vraiment. Les annonces peuvent sembler alarmantes ou floues, mais une analyse claire permet de mieux savoir comment adapter votre stratégie.
Dans cet article, je vous propose un décryptage complet, à la fois pédagogique et pratique. Ainsi, vous pourrez mieux évaluer vos chances de succès et préparer un dossier solide.
Qu’est-ce que le plan des niveaux d’immigration ?
Chaque année, fin octobre ou début novembre, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) présente un plan triennal détaillant les cibles d’admissions pour les années à venir. L’objectif de ce plan est double : donner de la visibilité aux candidats à l’immigration et clarifier les priorités du Canada en matière d’accueil, de main-d’œuvre et d’ambition démographique. Le plan couvre 2 grands ensembles : les résidents temporaires et les résidents permanents.
Résidents temporaires : ce qui change en 2026
Un résident temporaire est une personne qui vient pour étudier, travailler ou visiter le Canada pendant une durée limitée. Seuls deux groupes sont comptabilisés dans le plan : les nouveaux étudiants internationaux et les nouveaux travailleurs temporaires.
Le plan prévoit 385 000 admissions en 2026, puis 370 000 en 2027 et 2028. Pour 2026, la répartition est la suivante : 60 % de travailleurs temporaires (230 000 admissions) et 40 % d’étudiants internationaux (155 000 admissions).
Dans le plan précédent, le chiffre prévu pour 2026 était de 516 600 admissions. La nouvelle cible de 385 000 représente donc une baisse d’un peu plus de 25 %.
Cette réduction s’explique par la volonté du gouvernement de ramener la population temporaire à moins de 5 % de la population totale d’ici fin 2027. L’objectif est de réduire la pression sur les services publics, les infrastructures et le logement.
Faut-il s’inquiéter ? Pas nécessairement. Le Canada ajuste ses niveaux comme un équilibriste cherchant la stabilité. Quelques chiffres permettent de comprendre l’enjeu :
En 2018, les résidents temporaires représentaient 3,3 % de la population canadienne.
En 2024, ils représentaient 7,5 %.
L’objectif désormais est un maximum de 5 %.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Toutes les places ne disparaissent pas, loin de là. Elles deviennent plus compétitives, c’est tout. Pour réussir, il vous faudra une stratégie solide, une compréhension précise des programmes d’immigration et un dossier impeccable.
Résidents permanents : stabilité et priorités renforcées
Le plan distingue trois catégories permettant d’obtenir la résidence permanente :
l’immigration économique,
le regroupement familial,
les réfugiés et personnes protégées.
En tout, le gouvernement prévoit 380 000 admissions par année (2026, 2027 et 2028). Ce chiffre est environ 4 % inférieur à celui de 2025 (395 000), mais demeure identique à la cible déjà annoncée l’an passé. La baisse n’est donc pas une surprise : elle était prévue depuis un an.
L’élément le plus intéressant du plan concerne la part croissante accordée à l’immigration économique.
En 2025, elle représentait environ 59 % des admissions.
En 2026, elle représentera 63 %.
En 2027 et 2028, elle dépassera légèrement 64 %.
Pour les candidats qualifiés, cela signifie davantage d’opportunités.
Maintenant, quelle est la répartition prévue sur 2026 pour les 3 catégories d’aspirants à la résidence permanente ? Sur 380 000 nouvelles admissions :
239 800 concerneront l’immigration économique,
84 000 le regroupement familial,
56 200 les réfugiés et autres motifs humanitaires.
À l’échelle de la population canadienne, ces admissions représentent un peu moins de 1 % par année.
Quels profils sont recherchés ?
Le Canada cherche à attirer des talents capables de contribuer à son économie, notamment dans :
les technologies émergentes,
les métiers spécialisés,
la santé,
les secteurs en pénurie chronique de main-d’œuvre.
Le pays souhaite également :
attirer davantage d’entrepreneurs,
accélérer les traitements,
clarifier les voies vers la résidence permanente,
retenir les étudiants et les travailleurs temporaires déjà présents au Canada.
Et pour les francophones hors Québec ?
Bonne nouvelle : la francophonie demeure une priorité stratégique. Les cibles sont de :
9 % en 2026 (on parle de 30 267 admissions tout de même !),
9,5 % en 2027,
et 10,5 % en 2028.
L’ambition annoncée est d’atteindre 12 % d’ici 2029. Ces chiffres confirment la volonté forte du Canada d’augmenter la présence francophone hors Québec.
Que devez-vous retenir pour votre projet ?
Le Canada ne ferme pas ses portes. Il renforce ses priorités. Votre projet d’expatriation nécessite désormais :
une compréhension des attentes du Canada,
une stratégie claire,
un programme adapté à votre profil,
et un dossier solide et cohérent.
Pour bénéficier d’une analyse plus poussée et en version audio, écoutez l’épisode 75 de mon podcast, Bienvenue au Canada.