Immigration temporaire au Québec. Entre hausses, baisses et risques, que dit le plan d’immigration 2026 ?
Le Québec a dévoilé son plan d’immigration pour 2026. Si vous êtes étudiant étranger, travailleur temporaire ou que vous envisagez de le devenir, cet article va vous aider à comprendre ce qui change, ce qui se complique et ce qui reste possible.
Qui sont les résidents temporaires mentionnés dans le plan d’immigration 2026 ?
Le plan distingue deux catégories d’immigrants temporaires : les étudiants étrangers et les travailleurs étrangers temporaires.
Un étudiant, c’est une personne qui obtient un permis d’études, pour une formation de 6 mois ou plus, dans un établissement d’enseignement désigné québécois.
Un travailleur, c’est une personne qui obtient un permis de travail dans le cadre du Programme des Travailleurs étrangers temporaires (PTET). Pour accéder à ce programme, une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) est requise.
Quels sont les seuils prévus pour 2026 ?
Pour l’année 2026, le gouvernement planifie :
44 500 à 68 500 admissions pour les étudiants étrangers
40 400 à 55 700 admissions pour les travailleurs temporaires
Soit un total compris entre 84 900 et 124 200 permis temporaires.
Ces chiffres incluent à la fois les nouvelles arrivées (depuis l’étranger ou le Canada anglophone) et les prolongations de séjour.
Étudiants étrangers : les seuils sont-ils à la hausse ou à la baisse ?
Faisons un petit retour dans le temps :
En 2023, il y a eu 78 000 admissions.
En 2024, le seuil a baissé.
En 2025, il a baissé de nouveau.
En 2026, le plafond maximal prévu est de 68 500 admissions.
On observe les tendances suivantes :
–13 % entre 2023 et 2026
+23 % entre les seuils maximaux 2025 - 2026
Autrement dit, 2026 marque un rebond, mais dans un contexte global de réduction.
Certains se diront peut-être : « Les places augmentent. Je me lance dans des études au Québec. Ce sera plus simple ensuite pour la résidence permanente. ». Je comprends l’analyse. Maintenant, est-ce la bonne stratégie pour vous ?
Voici quelques questions à creuser :
Voulez-vous reprendre des études ?
À quel niveau souhaitez-vous, pouvez-vous, ou même devez-vous reprendre des études ?
Votre conjoint pourra-t-il, ou non, espérer avoir un permis de travail ouvert ?
Maintenant, même si votre conjoint peut travailler, et même si vous le pouvez aussi à temps partiel, pourrez-vous payer vos études et vivre décemment sur les salaires en question ?
Votre budget, c’est ce qui peut faire ou défaire votre projet. Alors, renseignez-vous.
Assurément, mon livre Coûts d’une expatriation au Canada, comme mes séances de coaching budgétaire, vous aideront à y voir plus clair !
Travailleurs étrangers temporaires : les seuils sont-ils à la hausse ou à la baisse ?
À nouveau, faisons un petit retour dans le temps :
En 2023, il y a eu 58 545 admissions.
En 2024, le seuil a baissé.
En 2025, il a baissé encore.
En 2026, le seuil maximal atteint 55 700.
On observe :
- 5 % entre 2023 et 2026
+0,54 % entre 2025 et 2026
Bref, on se trouve devant une quasi-stabilité, mais qui cache une réalité beaucoup moins favorable qu’il n’y paraît…
Pour y voir clair, il faut analyser les Certificats d’Acceptation du Québec (CAQ), un document préalable obligatoire pour l’embauche d’un travailleur temporaire.
Si on observe attentivement, on remarque que la part des travailleurs non agricoles baisse, année après année.
En 2023, elle était de 62 %.
En 2024, 58 %.
En 2025, 55 %.
En 2026, elle tournera vraisemblablement autour de 51 %
Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, non seulement vos chances de travailler au Québec dans un secteur non agricole diminuent, mais vos chances de vous installer à Montréal chutent aussi.
Depuis plusieurs mois déjà, et jusqu’au 31 décembre 2026, le gouvernement québécois a suspendu la réception de certaines demandes d’EIMT à Montréal et à Laval.
Si vous comptiez vous installer à Montréal et travailler dans un secteur non agricole, cela complique sérieusement votre stratégie.
Un plan 2026 en demi-teinte
Pour conclure, je dirais que :
Les étudiants étrangers sont les bienvenus en 2026, mais au prix d’un effort budgétaire important,
Les portes d’entrée pour les travailleurs temporaires se referment, même s’il reste encore des places,
L’accès à Montréal demeure limité.
Est-ce encore possible de s’expatrier au Québec ? Oui. Mais pas sans une stratégie précise, réaliste et adaptée à votre situation. Il vous faut une feuille de route solide.
Pour approfondir votre réflexion, je vous conseille d’écouter l’épisode 76 de mon podcast : Québec : cibles d’immigration 2026 à 2029. Vous y trouverez le détail des seuils d’immigration temporaire et permanente ainsi que les questions à vous poser pour approfondir vos réflexions.
Comme toujours, une précision s’impose : je ne suis pas avocate ou consultante réglementée en immigration. Je vous donne des informations en immigration, mais je ne vous donne pas de conseils en immigration. Pour la sélection de votre programme, comme pour la constitution d’un dossier, il est bon de parler avec un professionnel accrédité.